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Entrez ! Cours conférence, Voyages musicaux

2012


VOYAGER SUR LES SONS

actuellement, Du Tibet au Japon
début des cours les jeudis en décembre 2015, au Conservatoire des Deux Muses , Melun

- Du Tibet au Japon, à l’écoute des génies des lieux et des cieux 8 séances
Partons à la rencontre des traditions musicales du Tibet au Japon, en traversant l’Inde et la Chine. Inscrites dans la vitalité animiste et bouddhiste, ces musiques nous invitent à entrer tant dans les légendes, les mythes que dans la pensée asiatique et sa science musicale. Musique villageoise liée aux rites de la nature, danse chamanique, musique rituelle ancrée dans la nuit des temps, musique savante et princière, ces musiques véhiculent des modes de vie où la cosmologie et la communauté tissent des liens surprenants. Ce cycle se propose d’explorer ces traditions, en relation avec leurs contextes géographique, climatique, historique, culturel, humain comme de saisir les motifs, défis et enjeux de ces traditions musicales qui perdurent aujourd’hui.

-  L ’Europe et ses musiques traditionnelles 16 séances
Aujourd’hui la Communauté Européenne est au cœur de nos vœux comme de nos préoccupations, mais connaissons nous vraiment les cultures qui animent les vingt-sept États membres ? Je vous convie à un étonnant voyage musical à travers l’écoute et la mise en perspective de musiques populaires ou traditionnelles, ancrées dans des coutumes et des « terroirs » bien spécifiques. Du vieux chant lapon en passant par les cuivres entrainants des Balkans, les pipes bands écossais, la nostalgie du fado ou le lyrisme napolitain, la diversité des formations musicales, font de ce continent, une véritable "mine musicale". Ces musiques, mêlant poésie et danse, nous racontent à leur façon vivante, communautaire ou solitaire, leurs héritages, leurs histoires quotidiennes comme leurs aspirations essentielles.

- Les musiques de l’Asie du sud-est, ou l’art au quotidien 8 séances
Ce voyage musical, en terre d’Asie du Sud-Est, est un magnifique prétexte pour rencontrer les traditions culturelles de pays aussi singuliers que le Vietnam, la Thaïlande, la Birmanie, le Cambodge, le Laos, l’Indonésie, la Malaisie ou les Philippines. La musique traditionnelle, très présente de nos jours, s’inscrit dans la vitalité panthéiste du quotidien, et quel que soit le style musical : musique sacrée, ancrée dans la nuit des temps, musique princière d’agrément ou musiques régionales liées à la danse ou au théâtre. Ces musiques multiples savent marier tradition et modernité, grâce à des pratiques quotidiennes et communautaires, tout en développant un art de vivre que ce cycle de cours-conférence vous invite à venir partager.

- L’épopée du Jazz, de l’Afrique à Paris 8 séances ouvrir

- La route de la Soie et ses Musiques

_ Cours-conférences :  : les jeudis, 13h45 _15h15,
Où ? U.I.A. Melun. Conservatoire des Deux Muses

- Architecture sacrée et Musique Conférence ouvrir
Festival Sacrés Printemps, Conservatoire des Portes d’Essonne. Septembre 2010. UIA de Melun, Janvier 2012

- 作庭記* Le jardin japonais et le son des chosesConférence Architecture et Musique
* 作庭記, le Sakuteiki ou « l’art du jardin », écrit à la fin du XIe siècle, premier texte connu sur l’art des jardins japonais.
Entre réalité et abstraction, je vous invite à une promenade accompagnée de musique, à travers les jardins de deux ensembles architecturaux : Daitokuji, un monastère, première expression artistique du Zen, et Katsura, un palais, où s’affirme la forme la plus épurée de ce style. Dans ces lieux où le temps semble arrêté, tout, la nature, l’art de thé, la musique, un simple bol, l’instant, expriment alors la quintessence de ce style de vie. A partir de ces exemples, découvrons les origines chinoises du jardin, le contexte de cette période féodale du Japon et explorerons la cohérence d’une subtile esthétique japonaise avec un ensemble de pensées et de sentiments, enraciné dans les couches les plus profondes d’un Japon shintoïste et bouddhiste.

Extrait de la conférence "L’Emotion musicale dans les musiques traditionnelles"

Paroles de tous les jours, Ici et maintenant par Sōen Ozeki
Chaque jour de la vie est un apprentissage
Apprentissage pour moi-même
Bien que l’échec soit possible
Vivant chaque instant
L’égal de toute chose
Prêt à tout
Je suis vivant, je suis ce moment
Mon avenir est ici et maintenant
Car si je ne peux endurer ce jour
Quand et où le pourrai-je ? »

I. Premier voyage ou l’âme des choses

a) Sensation et impression

Le premier volet de cette enquête sur l’émotion musicale nous conduit à faire une incursion en Asie et principalement au Japon. Du fait de son long isolement et de son cloisonnement social, le Japon a su conserver d’antiques façons de pratiquer la musique. Bachelard disait que simplifier c’est sacrifier et que très souvent on confond l’élémentaire avec ce qui est simpliste. A la base des émotions, au-delà du ressenti, il y a les sensations. Les sensations sont directement reliées aux sens, l’ouie, l’odorat, le toucher, la vue, le goût. A travers eux, le corps et l’esprit rentrent en contact avec leur environnement, ils en goûtent la saveur, ils en ont une impression, une première connaissance, chaud, froid, agréable, désagréable ect… Le premier pas alors, pour organiser ou apprivoiser les émotions musicales est de rendre présentes les sensations à travers la musique, les faire ressentir, en affiner la perception. La difficulté de la compréhension de la musique japonaise entre autres, provient justement de cette quête de l’élémentaire, la sensation. La musique japonaise traditionnelle s’intéresse en premier lieu aux aspects psychophysiologiques du son et du rythme. Elle vise les effets des éléments constitutifs du son qui sont le timbre, la hauteur, l’intensité et sa durée. D’ailleurs l’étymologie du mot japonais Ongaku pour la musique signifie On : le son et Gaku : le plaisir, détente. La musique serait-elle au Japon et dans les pays asiatiques, la pratique du plaisir du son ?

ECOUTE entrer dans le contexte culturel, dans l’atmosphère musicale avec les minyo, les chants populaires folkloriques qui aujourd’hui encore restent vivants et évolutifs. Chants de villageois, de pécheurs japonnais commémorant la joie de vivre, la fête. 1- CD Ensemble Sakura- Minyo, berceuse - plage 5 (ou « venez ce soir » plage 11) 2- idem, « air des pécheurs de haute mer »- plage 12

- Et en effet la musique japonaise aborde plus la musique par les sens que par l’intellect. Les recherches des compositeurs japonais se concentrent sur la qualité de chaque son en prévilègiant son grain sonore, la particularité de son timbre, en recherchant la reproduction d’un fait naturel comme la pluie sur un toit de bambou. Il apprécient l’imprécision d’un son provoqué à moment crucial, un rythme fluctuant, instable, la force du silence, l’impression sonore, la charge émotionnelle. Cette attention à l’écoute, à la sensation sonore priment et l’emportent souvent sur l’intellectualité ou sur l’abstraction théorique ou mathématique. Dans le théâtre du Nô, les chanteurs montrent aussi physiquement la difficulté du chant… nous n’imaginons pas une cantatrice faire des grimaces, gonfler son cou, montrer sa difficulté, avant de lancer la note cristalline et finale. Au Japon, oui, cela rentre dans l’esthétique.